Entre innovation et sobriété maîtrisée, le Parc de Branféré offre un modèle reproductible. Sa gestion des déchets et des eaux inspire notre projet de village écologique en Mauritanie, pensé comme un lieu de vie résilient et respectueux des cycles naturels.
Dans le cadre de notre projet de village écologique, nous nous sommes rendus au Parc de Branféré. L’objectif de cette visite était à la fois de découvrir le fonctionnement global du parc animalier, de comprendre sa gestion environnementale, et de nous sensibiliser à des installations spécifiques à faible impact écologique.
Au cours de cette journée, nous avons visité le parc, observé la diversité des animaux ainsi que les conditions dans lesquelles ils sont accueillis et soignés, tout en nous imprégnant de l’esprit du lieu. Nous avons également déjeuné sur place, ce qui nous a permis d’apprécier l’organisation du service de restauration et la gestion des déchets alimentaires.
Nous nous sommes particulièrement intéressés à deux dispositifs essentiels à la stratégie environnementale du site :
- Le système de tri des déchets, basé principalement sur un compostage naturel sans recours à l’électricité.
- Le système de traitement des eaux usées, entièrement naturel, reposant sur l’action combinée des microalgues, des bactéries et de la gravité.

Le système de compostage du parc de Branféré
Ces installations illustrent parfaitement comment un site touristique d’envergure peut maîtriser la gestion de ses ressources tout en réduisant significativement son empreinte écologique.
Le système de compostage du parc repose sur deux dispositifs spécifiques, chacun adapté à la nature des déchets traités : l’un est destiné aux déchets issus du restaurant, l’autre aux déchets d’origine animale. L’ensemble du processus repose exclusivement sur des mécanismes naturels, sans recours à l’électricité.
Le composteur principal se compose d’une grande cuve installée sur des tréteaux. À l’intérieur, une vis sans fin permet aux déchets de progresser lentement tout en se décomposant. Une manivelle située à l’extrémité du cylindre permet de faire tourner la vis et ainsi d’avancer la matière en cours de compostage. Ils sont placés à l’intérieur de la cuve après avoir été mélangés à de la sciure ou des copeaux de bois. Le compost ainsi préparé repose le temps nécessaire à la fin du cycle de décomposition d’une durée d’environ deux mois, puis est expulsé par un petit trou situé à la fin du circuit lorsqu’on tourne la vis sans fin. Ce compost naturel est ensuite utilisé pour amender les prairies et les champs du site.

Ce modèle est capable de traiter jusqu’à 30 kg de déchets alimentaires par jour, soit environ 10 tonnes par an. Il peut ainsi couvrir les besoins de compostage d’une activité de restauration accueillant jusqu’à 240 couverts quotidiens, tout en réduisant considérablement la quantité de déchets non valorisés. Le compost produit permet de répondre aux besoins de fertilisation d’environ 100 foyers. Pour son installation, un espace de 2,5 m de long, 1 m de large et 1,6 m de haut est requis.
En complément, le parc dispose de zones dédiées au stockage des déchets à composter et du compost finalisé. Une lumière réglementaire a également été mise en place sur sol étanche pour accueillir les déjections animales. À proximité, un méthaniseur et une zone de stockage des déchets verts, équipée d’un broyeur, viennent compléter ce dispositif global de gestion écologique des déchets.
Le système de traitement des eaux usées du parc
Le traitement des eaux usées du parc de Branféré repose sur un procédé de lagunage naturel, entièrement autonome et sans recours à l’électricité. Ce système s’appuie principalement sur l’action des microalgues, qui produisent de l’oxygène, ainsi que sur celle des bactéries : aérobies en surface et anaérobies en profondeur, assurant ainsi la dégradation naturelle des boues.
Le site est équipé de trois bassins de lagunage, respectivement d’une surface de 2 500 m², 800 m² et 900 m². Leur profondeur moyenne est de 1,20 m, avec des zones atteignant 1,40 m pour permettre l’accumulation des boues. En surface, on observe environ 40 à 50 cm d’eau claire. Les bassins sont interconnectés par des tuyaux immergés, assurant une circulation gravitaire de l’eau et limitant les nuisances olfactives.

L’efficacité du dispositif repose sur un équilibre naturel entre la lumière, l’ensoleillement, le vent et la surface des bassins. Il est essentiel de limiter la prolifération excessive d’algues en surface afin de garantir la pénétration de la lumière jusqu’aux couches profondes, où les bactéries anaérobies jouent leur rôle dans la décomposition des boues.
Le système est dimensionné pour un débit autorisé de 45 m³ par jour, avec des pics pouvant atteindre le double en période estivale. En pratique, les volumes traités varient selon les saisons, se situant généralement entre 5 et 6 m³ par jour. Le dimensionnement a été soigneusement calculé en fonction du volume d’eau et de la charge organique.
Une fois traitée, l’eau est dirigée vers une zone humide pour une ultime filtration naturelle par les plantes, avant de rejoindre un miroir d’eau, puis d’être rejetée dans la rivière. Des analyses sont effectuées en amont pour vérifier que la qualité de l’eau respecte les normes environnementales en vigueur.
Le site dispose également d’installations de prétraitement, incluant un décanteur-dégraisseur — à vidanger une fois par an — ainsi que des récupérateurs de graisses en cuisine, où les déchets sont traités séparément. L’usage de produits éco-certifiés est fortement recommandé afin de préserver l’équilibre des microalgues et bactéries nécessaires au bon fonctionnement du système.
Pour l’alimentation en eau, une autorisation de pompage permet de prélever de l’eau de la rivière en période hivernale. En été, l’approvisionnement repose sur quatre forages répartis sur le site. Le parc s’étend sur 120 hectares, dont 45 sont ouverts à la visite du public.
Conclusion
Cette visite au Parc de Branféré nous a permis d’observer concrètement comment un site touristique peut concilier accueil du public, respect du vivant et exemplarité environnementale. Grâce à des dispositifs simples, autonomes et durables – comme le composteur mécanique sans électricité ou le système de lagunage naturel pour le traitement des eaux usées – le parc démontre qu’une gestion écologique rigoureuse est non seulement possible, mais aussi compatible avec une activité ouverte à grande échelle.
Ces solutions techniques, accessibles et peu énergivores, constituent des sources d’inspiration précieuses pour notre projet de village écologique. Elles confirment qu’il est possible d’allier performance environnementale, autonomie locale et valorisation des ressources naturelles. En s’inspirant de ces bonnes pratiques, notre initiative pourra s’inscrire dans une démarche cohérente et durable, au service des habitants comme des visiteurs.
Maxime LAVOCAT et ROLLAND Margault, Stagiaires ACTUME Pornichet