J’ai, à deux reprises, vaincu la tuberculose qui ne cesse de faire des victimes…

Chers patients, si j’ai vaincu à deux reprises la tuberculose, pourquoi pas vous ! Faites comme moi et vivez positivement votre affection ! La tuberculose peut tuer rapidement, mais une fois sous traitement c’est très facile de tuer les microbes et rester en vie !

Je me nomme Deolo Fiacre Mathurin. J’ai quarante quatre ans. Je suis père de quatre enfants dont le premier a 10 ans ; le second a 9 ans et les deux dernières, des jumelles, ont 14 mois.

Je travaille dans le domaine de l’assistance technique en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement. Je suis chef de projet depuis une dizaine d’années déjà dont six dernières ont été passées avec l’association Action Contre la Faim, organisme au sein duquel je travaille actuellement. Les autres années, je les ai passées avec ACTED et la Croix-Rouge Française en Centrafrique. J’ai été malade de la tuberculose, maladie dite de la honte, dont je suis totalement guéri. Je travaille et tout se passe très bien.

Je suis très fier, aujourd’hui, de pouvoir témoigner auprès du grand public, et ceci à travers le monde entier, de mon expérience. J’ai, à deux reprises, vaincu la tuberculose qui ne cesse de faire des victimes dans les pays d’Afrique noire gangrénés par la misère, en particulier en Centrafrique. Ce pays est frappé par la misère et enclavé. Il compte 4.500000 habitants. Il est limité à l’Ouest par le Cameroun, au Nord par le Tchad et les deux Soudan ; au Sud par le Congo démocratique et au Sud-ouest par le Congo Brazzaville.

 
Premier cas de tuberculose à traiter !

Dans la classe de terminale A4 au lycée Gobongo, j’avais une collègue que l’on pensait souffrir de la grippe. Elle toussait beaucoup. Parfois, elle vomissait en classe et avait maigri rapidement et a cessé de venir encours. Je ne sais pas si c’est elle qui m’a contaminé ou non.

De mon côté, tout a commencé au mois d’août 1996, je m’étais rendu sur une place mortuaire et j’avais consommé du vin de palme pour la première fois. Je souffrais de la grippe depuis trois jours. Au quatrième jour, j’ai profité d’une campagne de prévention contre la tuberculose dans mon quartier pour me faire vacciner. Quelques jours après, je commençais à faire de la fièvre et pensais que c'était le paludisme dont je me traitai. Un jour, mes amis m’ont conseillé de prendre une liqueur, fabriquée localement, qui, selon eux, soigne rapidement la grippe. J’ai bu quelques gorgées mais cela n’a rien donné.

Je continuais d’aller à l’école. Je perdais de plus en plus du poids et toussais beaucoup mais j’avais tout de même de la force pour répondre aux moqueries de certains de mes collègues qui ne cessaient de me poser des questions : à savoir si je pouvais passer devant un hôpital sans me faire arrêter. Je leur répondais par un rire. Une manière de me dire que ce que je pensais être une grippe pouvait être en fait une tuberculose et que je devais me rendre à l’hôpital pour me faire soigner et éviter ainsi de contaminer ceux qui m’entourent. J’étais conscient de la gravité des choses, mais j’avais peur d’aller à l’hôpital car je me soupçonnais aussi de souffrir du SIDA.

J'avais une amie que j’aimais beaucoup qui vit actuellement en France qui m’a proposé, un matin, de m’accompagner à l’hôpital ; j’ai accepté. A l’hôpital, il m’a été proposé deux examens médicaux à réaliser : le crachat et la sérologie anti virose pour le SIDA. J’avais peur, mais mon amie ne cessait de me rassurer en me disant que rien n’était grave même s’il pouvait s’agir de la tuberculose ou du SIDA. Pour ma part, je lui répondais que j’avais la préférence pour la tuberculose car on pouvait en guérir au bout de neuf mois alors que le Sida est incurable.

J’ai donc fait les deux examens. La tuberculose était positif et le SIDA négative. J’ai crié Dieu merci ! Et me suis souvenu d’un passage de la bible qui dit « Dans le bonheur ou dans la souffrance, il faut toujours glorifier Dieu » et que je n’étais ni la seule ou première personne à contracter la tuberculose. Je ne voulais pas mourir à mon âge. En cette époque, le pays était prospère. Il fonctionnait très bien. Il y avait beaucoup d’argent et de la sécurité. Du fait de mes ambitions et mes projets, j’étais dans l’obligation d’accepter ma maladie et prendre la résolution de bien suivre mon traitement afin de recouvrer ma santé et passer mon baccalauréat avec succès.

C’était difficile de vivre avec cette affection. Mes frères et sœurs ainsi que mes amis se méfiaient de moi. Ils avaient peur d’être contaminés. Ils parlaient dans mon dos comme si c'était de ma faute d’avoir contracté la tuberculose.

Suite aux informations relatives à la maladie que j’avais obtenues, je pris mes précautions afin de ne pas contaminer des personnes. Je ne buvais ni mangeais dans les mêmes avec les services de table que les autres. Après un mois de traitement, je n’étais plus susceptible de contaminer d’autres individus. Je vaquais, ainsi, normalement à mes activités avec mes amis de toujours à mes côtés.

Je suivais normalement les prescriptions relatives à mon traitement malgré sa lourdeur, mais je n’avais guère le choix ; je voulais à tout prix retrouver ma santé. Dans ces années-là, on prenait neuf (09) comprimes tous les jours à quatre heures du matin.
En six (06) mois, je retrouvais ma forme et poursuivis mon traitement jusqu’à terme. Je ne buvais plus d’alcool et ne mangeais pas du piment.

Quand j’ai refait mon examen de crachat, il était négatif. Ma radio montrait que mes poumons n’étaient plus atteints. J’étais très content d’avoir vaincu cette maladie considérée, en Centrafrique, comme honteuse qui empêchent ceux qui en souffrent de mener une vie publique sereine du fait de la stigmatisation dont ils sont victimes.

 

Le Combat continue. Encore un deuxième cas de tuberculose à affronter !

Huit (08) années après, j’ai, de nouveau, contracté la tuberculose alors que j’étais totalement guéri de ma première. Quand j’ai ressenti les premiers symptômes, c’était au cours de la campagne de sensibilisation de masse relative au SIDA de notre troupe théâtrale, dénommée Volontaire de la Croix-Rouge Centrafricaine, dans la ville de Bangui. Ce jour, j’avais utilisé le mégaphone pour me faire entendre par les participants. Le soir, quand je suis rentré à la maison, je ne me sentis pas bien. J’avais la gorge serrée, je toussais difficilement.

Le lendemain, au cours de la nuit, je toussais et vomissais. Un moment donné, je me suis levé pour regarder mon vomi, je constatais qu’il s’agissait d’un amas de caillots de sang. Dans le silence de la nuit, je sortis pour prendre du sable et nettoyer le sang puis je désinfectais les lieux avec de l’eau de javel et me recouchais. J’étais encore célibataire à cette époque.

Le lendemain, je décidais de me rendre au centre de traitement contre la tuberculose et consulter un médecin traitant. Ce dernier me donna deux examens à réaliser. Celui de la radiographie pulmonaire et celui des crachats. Quand j’ai voulu sortir du centre, je vis un de mes proches amis qui venait déposer un client en taxi, je me cachais car j’avais honte, mais je pensais qu’il m’avait bien vu mais ne voulait pas me le montrer et était reparti en silence pour ne pas m’importuner. Le même jour, je fis la radio des poumons et retournais vers le médecin qui m’a dit que mon poumon gauche était infecté et était rempli de pu. Le lendemain, je fis l’examen de crachats et ramena le résultat au médecin. Il était positif. Le médecin me mit sous traitement pour neuf (09 mois). Quand je lui expliquais que c’était pour la deuxième fois que j’étais atteint par la tuberculose, il fut étonné et me demanda s’il ne s’agissait pas d’une rechute. Je lui répondis que non. J’étais totalement guéri de ma première tuberculose depuis huit (08) ans. Le médecin ne compris guère et insista à ce que je suive avec rigueur mon traitement.

Ce jour-là, je croisais un de mes neveux qui était venu au Centre antituberculeux pour recevoir son traitement. Son cas était compliqué car, en plus de la tuberculose, il avait le VIH-Sida et avait décidé de se suicider.

A cette période, je vivais encore chez mes parents et personne dans la famille ne prêtait attention à moi et à ma santé. J’avais beaucoup maigri mais je ne pouvais pas rester au lit du fait que je poursuivais des démarches afin de me rendre en France pour étudier l’art dramatique, mais, vu mon état de santé qui était trop fragile, j’avais décidé de tout abandonner bien que je pus bénéficier d’une bourse nationale. Je devais passer un test en France pour entrer dans mon école.

J’ai tout abandonné car je pensais qu’il serait compliqué pour moi d’avoir un traitement gratuit et de me faire accepter au milieu de mes promotionnaires, une fois là-bas. J’ai, ainsi, continué mes activités artistiques au sein de la Croix-Rouge Centrafricaine. On ne me soupçonnait guère de la tuberculose mais plutôt d’être atteint du VIH-SIDA. Ceux qui étaient à mes côtés collaboraient très bien avec moi, répondaient positivement à mes consignes. J’étais le metteur en scène de notre troupe théâtrale. Un jour, nous avions travaillé la nuit. Tôt le matin, je me suis levé afin de prendre mes comprimés et, devant le robinet, un comprimé de couleur rouge est tombé au sol, juste en bas du robinet et avait fondu dans les eaux perdues qui devinrent ainsi rouge comme du sang. Un collègue avait vu cela et est allé informer les autres de la présence de sang devant le robinet. Ils ont crié. Ils ont pensé qu’il s’agissait d’un acte de sorcellerie. Je gardais mon sang froid et riais dans mon cœur.

Les médicaments me donnaient trop faim et je mangeais beaucoup mais personne ne soupçonnait d’être rongé par la tuberculose. Mes collègues étaient contents de me voir bien manger et voulaient aussi m’imiter.

Quand je finis mon traitement, un mois après je fus embauché par la Croix-Rouge Française qui venait de s’installer en Centrafrique. Elle avait un projet d’appui à la préfecture sanitaire de la Kemo. En qualité d’assistant du chef de projet, chargé de l’Information, l’Education et la Communication (IEC), je m’étais intérieurement dit que si j’avais eu honte de me faire soigner, je serai déjà mort depuis longtemps. J’étais, encore, pour la deuxième fois, content d’avoir vaincu la tuberculose mais aussi la mort.

J’ai travaillé deux années puis j’ai connu le chômage. Un jour, ma maman m’a proposé de passer le concours de la gendarmerie. Je pouvais bénéficier de l’appui d’un oncle, officier dans le même corps. Je me suis intérieurement dit : maman je n’ai pas de poumons pour faire la gendarmerie, sans lui donner plus d’explications.

Quelques mois plus tard, j’ai trouvé un autre travail en tant que coordinateur d’un petit projet de distribution de moustiquaires, couplé avec SRO dans la sous-préfecture de Dekoa dans la Kemo. Je vivais bien avec ma petite famille.

La tuberculose est soignée gratuitement en Centrafrique mais certains patients ont encore honte et ont besoin d’aide en matière de nourriture et de suivi afin de mieux vivre leur maladie.

Chers patients, si j’ai vaincu à deux reprises la tuberculose, pourquoi pas vous ! Faites comme moi et vivez positivement votre affection ! La tuberculose peut tuer rapidement, mais une fois sous traitement c’est très facile de tuer les microbes et rester en vie !

Contact :

Deolo Fiacre Mathurin
Tel : +23672247053/ +23670109073
Bangui-Centrafrique

Facebook : https://www.facebook.com/fiacremathurin.deolo

Bravo pour le combat !
Merci beaucoup d'avoir voulu témoigné !