 |
| Temoignage |
HOMMAGES
ABBE PIERRE "au service de la société durant toute sa vie"
 | L'abbé Pierre, défenseur des pauvres et fondateur d'Emmaüs et une des personnalités les plus populaire de France, est mort dans la nuit de dimanche à lundi à l'hopital du Val de Grâce à Paris à l'âge de 94 ans. "L'abbé Pierre est mort cette nuit à 05H25 au Val de Grâce entouré de quelques proches", a annoncé Martin Hirsch, président d'Emmaus France. "L'infection pulmonaire pour laquelle il avait été hospitalisé après une amélioration tout au long de la semaine l'a finalement emporté", a-t-il ajouté. |
| | "[...] Nous avons deux yeux : un qui donne le courage de regarder le mal et de le combattre, et l'autre qui veut que nous regardions ce qui est beau..., ayons le courage de ces deux regards." L'Abbé Pierre |
| | Il est mort au moment même où les pouvoirs publics veulent rendre effectif un principe pour lequel il s'est battu toute sa vie : le droit au logement. Jusqu'au crépuscule de son existence, il a défendu les sans-abri et les mal-logés. Même diminué, il avait tenu, en janvier 2006, à se rendre à l'Assemblée nationale pour s'opposer aux députés qui voulaient vider de sa substance la loi obligeant plusieurs centaines de communes à construire des logements sociaux sur leur territoire. L'abbé Pierre est mort, lundi 22 janvier, à 5 h 25 à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, où il avait été admis huit jours plus tôt. Il avait 94 ans. |  |
| | "Je voulais être missionnaire, marin ou brigand" confessait l'abbé Pierre en 2002 dans son autobiographie. Le destin amena finalement le jeune Henri Grouès à devenir l'un des hommes d'Eglise les plus influents et les plus écoutés du XXe siècle. De l'objection de conscience aux conditions de logement en passant par l'insertion sociale, le petit homme à la barbichette et aux oreilles en forme de chou a laissé son empreinte sur de nombreuses lois. Issu d'une famille très pieuse et aisée de Lyon, Henri Grouès, élevé dans le respect des valeurs chrétiennes, n'étonne personne quand il avoue ressentir dès 15 ans ce qu'il nomme lui-même "l'émotion indescriptible" de la Révélation. Il suit alors la logique du sacerdoce : l'entrée dans les ordres chez les Capucins où il devient "Frère Philippe" puis l'ordination en 1938. |
| | L'Abbé ne possédait pas de biens propres. Il avait renoncé depuis l'âge de 18 ans à l'héritage familial au profit de ses frères et sœurs. Par ailleurs, tous les dons qui ont été collectés ou l'argent qu'il a reçu en provenance du public ont toujours été entièrement consacrés à financer des actions pour lutter contre la pauvreté et le mal-logement. L'abbé a confié à la Fondation Abbé Pierre la gestion des dons reçus à son nom. |
| | Henri Grouès, sous le nom de l'abbé Pierre, s'engage dans la résistance où il aide des juifs à se cacher. Recherché par la Gestapo, il rencontre le général De Gaulle en 1943 à Alger. Après la guerre, il est élu député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951. En 1949, il fonde "Emmaüs" communauté de chiffonniers construisant des logements provisoires pour les "sans domicile". Lors de l'hiver rigoureux de 1954, l'abbé Pierre lance à la radio un appel à "l'insurrection de la bonté" en faveur des sans-logis, déclenchant un vaste mouvement de solidarité. Il est également entendu par le Parlement qui, quelques semaines plus tard, décide de lancer un programme de 12000 logements d'urgence. L'association d'Emmaüs s'internationalise et comprend de nombreuses communautés dans près de quarante pays. En 1988, il crée la "Fondation de l'abbé Pierre" pour le logement des défavorisés. Le Président de la République le fait Grand Officier de la Légion d'Honneur en 2001. |
Continuons son oeuvre d'humanisme !
|
|
  |